Une étude menée par DomainesInfo.fr révèle un nouveau mode de fonctionnement en matière de cybersquatting : des noms usurpant des marques notoires sont réservés, puis immédiatement supprimés ! Analyse.
Il est capable de s'attaquer en une seule journée à L'Oréal, Yahoo!, BNP Paribas, Danone, Radio France ou encore Sanofi-Aventis. Il s'appelle "J. Lee" - un nom à retenir en matière de cybersquatting ?
Alerté sur les agissements suspects de Monsieur Lee, la rédaction de DomainesInfo.fr a voulu en savoir plus. Nous avons donc demandé à notre partenaire bureau d'enregistrement INDOM d'utiliser ses outils de surveillance avancés pour suivre les enregistrements effectués par J. Lee sur plusieurs semaines.
Le résultat, surprenant, montre une action d'une importance considérable. Selon nos calculs, le nombre d'atteintes quotidiennes portées à des marques et dénominations françaises va de 50 à 100 !
C'est nouveau : le cybersquatting temporaire
S'il faut avoir un certain culot, en plus d'un portefeuille bien garni, pour enregistrer des domaines par centaines, l'originalité des atteintes portées par J. Lee réside dans le fait que la quasi-totalité des enregistrements réalisés par lui ne sont pas maintenus et retombent dans le domaine public (par suppression) sous 24 à 72 heures.
Par quel miracle ? La volonté de J. Lee, qui chercherait principalement à se faire remarquer, ou une action unilatérale du registrar, conscient des actes commis ?
Si la question reste pour l'instant sans réponse, la méthode est toutefois de nature à susciter quelques pistes de réflexion :
Dans un tel contexte, il peut s'avérer très difficile, voire même impossible, de mettre en oeuvre une procédure judiciaire ou extra-judiciaire. On ne saura donc certainement jamais qui est J. Lee, lequel signe à Hong-Kong alors qu'il peut physiquement se trouver n'importe où en France ;
J. Lee connaît d'ailleurs très (trop ?) bien le marché français puisque les enregistrements réalisés révèlent souvent des "failles" de protection dans les portefeuilles des titulaires légitimes (exemples d'enregistrements réalisés : lorealcream.com, wwwdanoneconseils.com, sanifi-aventis.com ...) ;
A défaut de pouvoir tout protéger dans un maximum d'extensions, les surveillances de noms de domaine constituent une excellente alternative dans une stratégie de propriété industrielle appliquée aux noms de domaine.
• Des enregistrements très rapidement supprimés La quasi-totalité des enregistrements réalisés par J Lee ne sont pas maintenus et retombent dans le domaine public sous 48 à 72 heures. • Un cybersquatteur basé à Hong-Kong ? La réelle pertinence des enregistrements réalisés par J Lee laisserait à penser que ce cybersquatteur pourrait être basé en France.